Enseignement Sup
Réforme des universités
Recrutement dans les grandes écoles : il faut tout remettre à plat !
Recrutement dans les grandes écoles : il faut tout remettre à plat !
communiqué de presse FAGE, Paris le 6 janvier 2010
Valérie Pécresse a annoncé mardi sa volonté de faire évoluer les méthodes de recrutement des grandes écoles en leur imposant notamment l’instauration de quotas d’étudiants boursiers. La FAGE regrette la résurgence de ce principe présenté comme une solution miracle aux problématiques de mixité sociale dans l’Enseignement supérieur. Une telle initiative, pourtant louable dans son intention, ne peut avoir pour effet que de combattre les symptômes plutôt que les causes profondes.
Pour la FAGE, Il est primordial de s’attaquer en premier lieu aux barrières qui empêchent les étudiants les moins favorisés d’accéder aux formations sélectives des grandes écoles. Dans l’Enseignement secondaire, les élèves issus des classes moyennes et populaires sont insuffisamment soutenus, et les élèves des bacs professionnels et technologiques sont trop souvent orientés vers des « voies de garages ». C’est pourtant au moment de l’accès de ces bacheliers à l’Enseignement supérieur, et donc aux concours des grandes écoles, que se joue la mixité sociale dans ces établissements.
Se présenter à un concours est un droit ; y être préparé est un devoir du système de formation. Pourtant la préparation aux concours reste l’apanage quasi exclusif de classes préparatoires elles-mêmes sélectives ou d’organismes privés de «bachotage» dont l’accès est impensable pour l’écrasante majorité des élèves les moins favorisés. À ce titre, la FAGE souhaite un essor des classes préparatoires universitaires dans lesquelles seules les compétences des étudiants sont valorisées, et pas la capacité qu’ont leurs familles à mettre la main au portefeuille.
Une évolution de ces concours est essentielle et cette réflexion ne peut se limiter aux seuls représentants des classes préparatoires et des grandes écoles. La FAGE demande donc à Valérie Pécresse d’ouvrir dès maintenant une concertation sur les concours d’accès aux grandes écoles et aux écoles d’ingénieurs.
Pour la FAGE, une telle réfl exion doit non seulement permettre une lutte effi cace contre le phénomène de reproduction sociale des élites, mais également mettre les Universités au coeur de l’Enseignement supérieur français. Car c’est bel et bien à l’Université que doit revenir le rôle d’acteur principal du système de formation sur tout le territoire, notamment au sein des Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES).
L’enjeu n’est autre que de garantir un accès à l’excellence pour tous.
Claire Guichet, Présidente de la FAGE


