Enseignement Sup
Réforme des universités
Grandes écoles : au-delà de polémique l’UNEF attend des actes
Grandes écoles : au-delà de polémique l’UNEF attend des actes
communiqué de presse UNEF, Paris le 11 janvier 2010
A l’occasion de la présentation de ses vœux au monde de l’éducation et de l’enseignement supérieur, le président de la République a dressé un bilan des réformes gouvernementales engagées depuis 2007 en se livrant à un exercice d’autosatisfaction. Le président a balayé d’un revers de main les inquiétudes exprimées à de nombreuses reprises ces derniers mois par les étudiants sur la réforme de la formation des enseignants, les suppressions de postes, la montée des inégalités entres universités, la dégradation de leurs conditions de vie et d’insertion professionnelle en période de crise. L’UNEF estime que l’avenir des étudiants et de l’université mérite mieux et attend que le gouvernement retrouve le chemin du dialogue avec la communauté éducative.
Nicolas Sarkozy maintient le cap des 30% de boursiers en grandes écoles, l’UNEF attend des actes
En jugeant « invraisemblables » le refus de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) de réformer les voies d’accès à ses établissements pour atteindre l’objectif de 30% de boursiers, le Président de la République désavoue le conservatisme de ceux qui estiment que les étudiants des milieux défavorisés contribuent à faire baisser le niveau de ces établissements.
L’UNEF se félicite de la volonté présidentielle de réformer les concours d’entrée à ces grandes écoles en diversifiant les voies d’accès. L’UNEF attend du gouvernement des mesures contraignantes afin de établir l’égalité républicaine et de faire voler en éclat la sélection telle qu’elle est aujourd’hui pratiquée: la gratuité et le regroupement des concours, la généralisation d’épreuves d’admissibilité préalables à l’admission afin d’évaluer le projet de chacun, la modification des épreuves socialement discriminantes ainsi que la diversification des voies d’accès sont indispensables. L’UNEF qui a réclamé l’ouverture d’un débat national sur la place et le rôle des grandes écoles, s’investira en ce sens au sein des concertations menées par Luc Châtel, Valérie Pécresse et Yazid Sabeg à la demande du président.
Le Président est cependant resté étrangement silencieux sur certaines questions essentielles pour garantir l’ouverture sociale des écoles et la démocratisation de l’enseignement supérieur : la sélection par l’argent pratiquée au sein d’écoles dont la scolarité peut s’élever à plusieurs milliers d’euros l’année excluant de facto les étudiants les plus modestes, et surtout la place même des grandes écoles au sein de notre système d’enseignement supérieur.
L’UNEF estime que le temps est venu de réformer en profondeur le mode de formation des élites en France. La partition historique de l’enseignement supérieur français entre les grandes écoles sélectives qui fonctionnent en vase clos et les universités est en elle-même facteur de reproduction sociale. Cette situation conduit les élites à se reproduire entre elles à l’écart de l’université et de la recherche. L’UNEF demande la fin du monopole de fait des grandes écoles pour la formation d’excellence dans certains secteurs (gestion, administration, ingénieurs) et l’intégration de ces formations au sein des universités. La revalorisation de l’université est à ce prix. A court terme, l’UNEF réclame l’intégration des classes préparatoires au sein des universités.
L’UNEF regrette les silences du discours présidentiel et jugera la volonté du gouvernement sur ses actes.
L’UNEF dénonce la volonté de Nicolas Sarkozy de faire participer « les personnalités extérieures » à l’élection des présidents d’université
La volonté de Nicolas Sarkozy de modifier la loi sur l’autonomie afin de faire participer les personnalités extérieures siégeant au sein des conseils d’administration à l’élection des présidents d’université est une véritable provocation pour la communauté universitaire et les étudiants.
L’élection des présidents d’université doit reposer sur un projet d’établissement porté par une majorité d’étudiants, d’enseignants et de personnels afin d’être mis en œuvre, et non sur la proximité partisane, les copinages, et les petits arrangements avec des personnalités extérieures choisies par le président d’université lui-même !
Si le gouvernement persiste, il s’agirait d’une régression majeure de la démocratie universitaire, d’autant plus inacceptable que le gouvernement a déjà diminué le poids des étudiants et des personnels élus au sein de ces CA lors de la mise en œuvre de la loi sur l’autonomie en 2007. Cette décision qui revient à exclure les étudiants et les personnels de la définition d’un projet pour leur établissement est de nature à créer de très vives tensions dans le fonctionnement de nos universités. L’UNEF lui demande donc de renoncer à ce projet.
Mis à jour (Mercredi, 13 Janvier 2010 17:01)


